lundi 12 décembre 2016

Richard ADAMS - Watership Down

Monsieur Toussaint Louverture - 21€90 - 540 p. - Septembre 2016

Ma critique : Dès qu'on m'a parlé de ce roman, j'ai été intriguée et intéressée, J'ai patiemment attendu de l'avoir entre les mains et très vite j'ai compris que c'était un roman marquant, de ceux que l'on oublie pas. 
 Watership Down, c'est une épopée, un récit de voyage, une aventure. On s'inquiète, on espère, on vit avec les personnages. 

Mais quelle en est l'histoire ? Un lapin, Fyveer, a un jour un mauvais pressentiment : il sait qu'un grand danger va advenir et prévient les lapins de sa garenne qu'il faut fuir, Mais voilà, il n'est pas pris au sérieux. Seuls quelques un de ses camarades l'écouteront. Ainsi, un petit groupe de lapins, très vite menés par le valeureux Hazel, s'en ira à la recherche d'un lieu idéal pour s'installer et vivre en sécurité. 
Leur chemin va être semé d’embûches puisqu'ils seront confrontés aux dangers du monde moderne, aux autres clans de lapins qui ne seront pas toujours amis, aux autres animaux plus souvent ennemis qu'alliés et au manque de hases pour prospérer. 

Tout cela narré d'une manière qui nous immerge totalement : on apprend la culture des lapins qui ont leur langage mais pratique la langue commune avec les autres animaux, on découvre leurs légendes qui leur donnent espoir et les font frémir, construites autour de personnage shravil-sha... 
Le monde des lapins m'est apparu sous un jour nouveau : une garenne a son organisation propre, les lapins ont leur caractères bien qu'ils ne soient pas humanisés ici, Les lapins sauvages ne se comportent pas du tout de la même manière que les lapins domestiques. 

L'histoire est portée par des personnages charismatiques, juste et attachants : Hazel est courageux et sait mené ses troupes dans la paix, Fyver est un peu trouillard mais perçoit les choses avant qu'elles adviennent, ou encore Bigwig, très bon guerrier au caractère fort.

Refermer ce livre m'a laissé un grand vide. C'est un véritable coup de coeur, de ces livres qu'il FAUT avoir lu. Alors n'hésitez plus, lisez-le, offrez-le, faites vous plaisir :) 

Ma note : 20/20

lundi 5 décembre 2016

Elisa SHUA DUSAPIN - Hiver à Sokcho

Editions Zoé - 15€50 - 144p. - Août 2016

Ma critique : Hiver à Sokcho est un premier roman sorti en cette rentrée littéraire 2016. Il raconte la rencontre entre deux personnages a priori pas destinés à se rencontrer : un dessinateur français de BD, Yann Kerrand et une jeune franco-coréenne, la narratrice, qui travaille dans une auberge. A la recherche d'inspiration, le dessinateur vient visiter la Corée du Sud et séjourne dans l'auberge où travaille la narratrice.

Si vous me suivez depuis quelque temps, vous savez que les romans qui me plaisent et me marquent le plus sont des « romans à ambiance », C'est le cas ici, On y découvre la ville portuaire de Sokcho dans le froid hivernal, Tout dans l'écriture et les descriptions nous relate l'atmosphère et l'ambiance de ce lieu. 

A Sokcho, dans ce froid, la relation entre les deux personnages se tisse tant bien que mal, en un pas de deux dont on ignore la chorégraphie. Si elle est fascinée par le dessinateur, intriguée, lui, semble presque l'ignorer. 

Deux cultures différentes qui se tournent autour mais ne se comprennent pas toujours. 
La rencontre entre deux personnages forts et attachants malgré la distance qui les sépare et nous lie à eux.

Et puisque cela ne gâche rien, l'auteure est très gentille et souriante ;)

Ma note : 18/20

dimanche 6 novembre 2016

J.K. ROWLING & J. TIFFANY & J. THORNE - Harry Potter et l'enfant maudit

Gallimard Jeunesse - 21 € - 341 p. - 14 octobre 2016

Ma critique :

Un résumé de l'histoire ? Vraiment ? Non, je ne vais pas faire ça. Il vous faut juste savoir que cela se passe 19 ans après la fin du septième tome de la saga Harry Potter et que les personnages principaux sont le fils de Harry, Albus, et celui de Drago, Scorpius.

Si j'avais pensé un jour faire un article sur un nouveau Harry Potter... 

Du coup, qu'en est-il ?
Je pense que je suis déçue, et en même temps, je m'attendais à l'être.

Déjà, la saga a fini avec le septième tome. Pas comme je l'aurais voulu, mais c'est une fin quand-même. Ensuite, cela n'a pas été écrit principalement par J.K. Rowling, elle a juste participé. Enfin, même si le théâtre et un genre que j'adore lire, pour Harry Potter, ce n'est pas assez. La forme théâtrale de permet pas d'entrer pleinement dans l'univers, elle nuit à la mise en place de détails qui rendaient les histoires précédentes si riches.

On ne dirait pas, mais j'ai quand-même vraiment apprécié de retrouver l'univers et les personnages. Les premières pages m'ont happée, m'ont donnée beaucoup d'émotions, comme des retrouvailles avec de vieux amis. La rencontre avec Albus et Scorpius a aussi vraiment était un chouette moment pour moi. Ce sont des personnages auxquels j'ai vraiment pu m'attacher tout au long de l'histoire.

L'histoire, justement, parlons en sans en parler. En fait, je pense pouvoir dire qu'elle ne m'a pas plu. Elle est tellement capillotractée. A la fois, ils se passent énormément de retournements de situations, à la fois, ils sont très abracadabrants et inintéressants. Tout est très fouillis, très machinafric.

Une dernière faiblesse et je m'arrêterai : je n'ai pas reconnu le personnage de Ron. C'est comme si Ron était devenu Arthur, en version amoindri. Et c'est très dommage car Ron est un personnage que j'aime beaucoup. Ginny est assez fade aussi. Pour ce qui est de Harry et Hermione, je les trouve assez fidèle.

Un sentiment mitigé pour l'ensemble donc. J'aurai vraiment espéré mieux mais je savais que c'était inespéré, justement.

Ma note : 12/20

lundi 3 octobre 2016

Clémentine BEAUVAIS - Songe à la douceur

Sarbacane Exprim' - 15€50 - 240 p. - Août 2016

Ma critique : 
Une même histoire d'amour à 10 ans d'intervalle et racontée en vers ? C'était forcément pour moi !

Alors je l'ai attendue avec impatience, puis je me suis plongée dedans de bon coeur.

Alors que jusqu'ici, Clémentine Beauvais, je ne connaissais pas. Bien sûr que j'avais entendu parler des Petites reines, mais le sujet et le roman ne m’intéressaient pas. 

En deux mots, Songe à la douceur, c'est l'histoire de Tatiana et Eugène quand ils ont 14 et 17 ans puis quand ils ont 24 et 27 ans. Autour d'eux gravitent Lenski, l'ami d'Eugène et Olga la sœur de Tatiana. c'est une reprise contemporaine d'un roman de Pouchkine "Eugène Onéguine"

Ce qui fait la superbe de ce roman, c'est l'écriture, le style dans lequel il est raconté. Un mélange de classieux et soutenu par les vers et les rimes et de familiarité par le langage familier donc, et l'humour omniprésent.
Le tout est porté par un personnage invisible mais néanmoins important : la narratrice. Une narratrice qui raconte l'historie et commente de son regard acerbe et malicieux, ce qu'il se passe entre les deux amoureux.

Je ne sais pas si cela est dû au fait que j'ai le même âge que l'auteur, mais je me suis énormément reconnu dans ce roman : dans tous les personnages, en la narratrice, dans la manière dont cela est raconté. L'humour m'a atteinte directement, le langage, les hésitations et questionnements des personnages, tout m'a plu et fait rire de A à Z.

Un immense coup de coeur donc, vous l'aurez compris. Et une très belle couverture.

(J'ai aussi eu la chance de rencontrer Clémentine Beauvais lors d'un festival littéraire, elle est aussi exquise que son roman :) )

Ma note : 19/20

lundi 19 septembre 2016

Arnaud CATHRINE - A la place du coeur

Robert Laffont "R" - 16 € - 252 p. - Septembre 2016


On découvre ici Caumes, 17 ans, et ses amis en janvier 2015, le jour qui précède et quelques jours qui suivent les attentats de Charlie Hebdo.

En même temps que la France sombre dans l'horreur et la tristesse, Caumes vit ses premiers émois amoureux.

Pour commencer, contrairement à d'autres, le sujet ne m'attirait pas des masses : revivre les émotions de ce 7 janvier 2015 n'est pas quelque chose qui me semblait ni passionnant, ni intéressant, plutôt douloureux. Et encore trop à vif, trop actuel pour me plonger dedans. Mais soit, vu les critiques et pour des besoins professionnels, j'ai tenté.

Dès les premières pages, ça n'a pas collé entre ce roman et moi. Très vite, on nous présente les personnages : des caricatures d'adolescents : Hakim le rebeu un peu trop sensible, Théo la grande gueule fils du maire, Esther la jeune juive, Nicolas le facho, Kevin le complotiste et enfin, Caumes donc, petit blanc sans problème, qui se questionne un peu et aux hormones en ébullition.
Non mais c'est sérieux ? il n'y a que moi que ça atterre ? Comme le dit Plume de Cajou dans sa critique, il faut bien un peu de mixité sociale, mais franchement, il n'y avait que la caricature pour représenter ça ?

J'ai aussi été surprise du langage choisi : ce roman n'a pas une langue agréable. Le style est factuel et ponctué de paroles crues tirés des pensées de Caumes ou des dialogues. Et ces paroles n'apportent rien au récit, elles tombent un peu comme un cheveu sur la soupe.

Cela dit, le roman se lit plutôt bien : j'ai toujours aimé les romans ados qui suivent des bandes de jeunes, et le style très simple n'entrave pas la lecture. Mais à part ça...

Etant donné tous les avis dithyrambiques que l'on peut lire sur ce roman, à vous de vous faire votre propre opinion :)

(Juste un mot de plus : bravo à l'artiste qui a créé la couverture, elle est sublime !)



Ma note : 10/20

mardi 19 juillet 2016

Franck THILLIEZ - Rêver

Fleuve noir - 21€90 - 600 p. - Mai 2016

Présentation de l'éditeur :«Pour la plupart des gens, le rêve s’arrête au réveil. » Si ce n’étaient ses cicatrices et les photos étranges qui tapissent les murs de son bureau, on pourrait dire d’Abigaël qu’elle est une femme comme les autres. 
 Si ce n’étaient ces moments où elle chute au pays des rêves, on pourrait jurer qu’Abigaël dit vrai. Abigaël a beau être cette psychologue qu’on s’arrache sur les affaires criminelles difficiles, sa maladie survient toujours comme une invitée non désirée. Une narcolepsie sévère qui la coupe du monde plusieurs fois par jour et l’emmène dans une dimension où le rêve empiète sur la réalité. Pour les distinguer l’un de l’autre, elle n’a pas trouvé mieux que la douleur. "

Ma critique : Dans ce polar, on suit la psychologue Abigaël sur une enquête sur des enfants disparus à la place desquels sont retrouvés des épouvantails faits de leurs vêtements. Sachant qu'Abigaël a beau être très compétente, sa vie est mise à l'épreuve par ses troubles du sommeil : elle tombe endormie sans aucun contrôle n'importe quand, et a des difficultés à desceller le rêve de la réalité. Sa vie va très vite être bouleversée par un drame personnel qui se mêlera à son enquête.

Un résumé très succint pour un livre un peu plus complexe. Mais lorsqu'il s'agit de polar et d'enquête, trop en dire reviendrait à gâcher beaucoup de plaisir de lecture.
C'etait la première fois pour moi que je lisais un roman de Franck Thilliez. On m'avait dit qu'il faisait des livres trop sanglants, trop violents. Ici, ce n'est pas le cas.
C'est une lecture dans laquelle je suis rentrée sans problème et avec plaisir : ce qui n'était pas gagné car je ne suis pas très branchée polar et enquête. Mais ici, on est dans du thriller psychologique, ce que j'affectionne déjà plus. Le thème traité est particulier : le sommeil et tous ses méandres qui nous poussent aux portes de la folie. J'ai beaucoup aimé.
Sur le plan de l'écriture, je m'attendais peut-être à quelque chose de plus recherché, mais cela ne m'a pas déçue : au contraire, l'écriture simple et le langage courant ont rendu le roman très accessible sans prise de tête, ont contribué à faire de ma lecture une lecture détente, ce que j’espérais. Et il y a tout de même un je-ne-sais-quoi qui nous donne envie de continuer pour savoir la suite. Ce n'est pas intenable, on peut s'arrêter en cours de lecture, mais quand-même, on est intrigués.
Comme bémol, on peut dire que certains éléments de l'intrigue était plus que transparents. Mais cela n'a pas vraiment nuit à mon plaisir de lecture, alors ce n'est pas bien grave. Mais ça peut en gêner certains.

En bref, un thriller très agréable à lire, un sujet original, une lecture plaisante et qui répond tout à fait à ce que l'on peut en attendre.

Ma note : 17/20

mardi 14 juin 2016

Madrigal & Ramadier - Berlin 2.0

Futuropolis - 18 € - 96 p. - Février 2016

Ma critique :
Margot, 23 ans, étudiante en philo part à Berlin dans l'espoir d'y trouver un emploi dans cette ville qui l'attire plus que Paris dont elle a semble-t-il fait le tour.
Si Berlin est fidèle à l'image qu'on a d'elle sur certains points, la mentalité des gens, les fêtes ambiance techno ou encore l'amour de la bière, on lui connait moins son côté précarité sur le plan du travail.
Cette BD, c'est ça : l'intégration de Margot à sa nouvelle vie et ses déconvenues face au monde du travail berlinois, où l'on lui demande de faire beaucoup d'heures avec des contrats douteux et de très faibles rémunérations.

J'ai aimé retrouvé dans ces planches et cette histoire une ambiance berlinoise particulière et très attirante. J'ai aussi apprécié découvrir ce côté que je ne connaissais pas sur le monde du travail.
En revanche, j'aurai aimé en découvrir plus : que la ville soit encore plus présente et savoir la suite de la vie de Margot. 
En fait, j'ai l'impression d'avoir eu affaire à une longue introduction, longue au nombre de pages, mais pas dans la narration qui demeure très fluide et sans temps-mort. C'est surtout qu'il y a des tonnes de choses à raconter sur cette ville et sur une expérience d'expatriation.

Je n'ai pas eu de coup de coeur particulier pour le dessin : le trait des personnages ne m'a pas plus emballée que ça, mais celui des bâtiments et les couleurs choisies m'ont paru fidèles à Berlin.

A lire si vous aimez Berlin ou si vous avez un attrait pour cette ville.

Ma note : 16/20

lundi 13 juin 2016

Jabbour DOUAIHY - Le quartier américain

Actes Sud - 19,80 € - 192 p. - Septembre 2015
Présentation de l'éditeur :
" Abdel-Karim est issu d’une famille de notables musulmans, les Azzâm, qui a longtemps dominé la vie politique à Tripoli. Après des études dans un lycée chrétien, il mène une vie de patachon. On le marie à une fille de nouveaux riches ; l’affaire se solde par un divorce. Puis la guerre le propulse à Paris, où il vit une brûlante histoire d’amour avec une ballerine serbe. La soudaine disparition de celle-ci le renvoie dans sa ville natale, en plein désarroi. Là, il retrouve Ismaïl, dont la mère travaille comme femme de ménage chez les Azzâm, et qui vit dans le “Quartier américain”, l’un des plus pauvres et délabrés de Tripoli. Après l’invasion américaine de l’Irak en 2003, des prédicateurs y recrutent des candidats au djihad, et Ismaïl est chargé de mener un attentat-suicide près de Bagdad…"

Ma critique :
"Le quartier américain", Tripoli, Liban, XXIème siècle.
C'est un roman que j'ai pris beaucoup de plaisir à lire après un grand passage à vide.
J'ai aimé découvrir ce pays, cette culture à travers ce quartier et la galerie de personnages qui lui est attachée. On découvre ici des portraits d'hommes et de femmes, de tous milieux, qui gravitent les uns autour des autres, leurs relations plus ou moins proches, leurs vies plus ou moins liées.
Chacun a une histoire qui lui est propre, aussi intéressante que celle de son voisin.
Alors n'hésitez pas à venir vous perdre au quartier américain aux côtés d'Intissar, de Bilal et tous les autres, malgré le contexte, le quartier est attachant, les personnages restent humains, avec leurs particularités, leurs parcours de vie, leurs forces et leurs faiblesses.

Ma note : 16/20

vendredi 27 mai 2016

Perle de librairie #12



Puisque ça fait longtemps que je ne vous ai pas donné des nouvelles du métier :D


Ce matin, au téléphone :
- Librairie ... bonjour
- Oui bonjour, est-ce que vous pourriez m'épeler le nom de l'auteur Van Cauwelaert.
- Oui, V A N espace C A U W E L A E R T
- Alors V A N tiret C A W E W
- Non, V A N espace C A U W E L A E R T
- Alors V A N espace C E L
- Non : [au très ralenti cette fois] V A N espace C A U W E L A E R T
[Blanc] 
- Mais vous cherchiez un livre précis ?
- Non, je cherche sur le site de la médiathèque pour savoir s'ils en ont, et s'ils en ont pas, je le commanderai dans une autre librairie. [blanc] Ou chez vous.
- [perplexe], euh, ben oui, chez nous ça serait sympa.
- Je regarde ça et je vais voir, merci au revoir.
- Au revoir [hallucinée]

samedi 21 mai 2016

Catherine POULAIN - Le grand marin

L'Olivier - 19 € - 372 p. - Février 2016

Ma critique : Le Grand Marin, c'est une surprise littéraire comme je les aime : un livre qui ne me correspond pas du tout, dont le thème ne m'attire pas vraiment, mais dont on me dit le plus grand bien. Mouais. 
Pour mon boulot, je vais tenter de le lire et me faire mon propre avis hein.

Et là, c'est une magnifique surprise !

Le monde de la pêche et des marins, ce n'est absolument pas mon univers. Et Pourtant Catherine Poulain, par le biais de Lili sa narratrice, nous embarque dans son aventure et l'on ne peut que suivre le flot du récit jusqu'à la fin.
La question est, pourquoi ? Parce que Lili est attachante, elle a la gnaque, elle en veut, et on veut qu'elle aille au bout de son choix de vie. Parce que les marins qu'elle côtoie, bien que rudes parfois, sont tout aussi attachants. On sent que ce sont de bons gars, passionnés, bosseurs.
Et il y a, pour lié tout ça, un je-ne-sais-quoi dans le style d'écriture qui nous intéresse, nous accroche à l'histoire, et fait de ce livre un page turner. On veut savoir la suite, ce qu'il va advenir de Lili dans cet univers froid, difficile, ce monde d'hommes majoritairement.

Et quand on rencontre l'auteur, on aime encore plus. Catherine Poulain est vraie. Elle parle comme elle écrit, elle nous embarque aussi.

Ma note : 17/20

vendredi 20 mai 2016

Jérôme RUILLIER - L'étrange

L'Agrume - 20 € - 160 p. - Mars 2016
Ma critique : 
L'étrange nous raconte la vie d'un homme qui arrive dans un pays qui n'est pas le sien. Son parcours nous est conté par ceux qu'il croise : une corneille, des voisins, du personnel administratif. Son historie progresse dans le regard plus ou moins bienveillant de ces différentes personnes.
Le tout nous est servi par un dessin simple, aux protagonistes zoomorphiques.

Cette BD m'a interpellée, touchée et accrochée. J'aime beaucoup le système de narration choisi, qui permet de voir différentes perceptions de l'immigration.
Ce n'est ni factuel, ni larmoyant. Parfois empathique, parfois dans le rejet.
Le fait que l'arrivant soir nommé "étrange" donne un côté interessant à la vision de l'étranger. Il ne nous est pas étranger car on ne le connait pas, il nous parait plutôt "étrange", hors du commun.

Vraiment, allez y jeter un coup d’œil, cela vaut le détour. Et cela me donne envie de découvrir d'autres BD de l'auteur :)

Ma note : 18/20

mardi 17 mai 2016

Carole MAUREL - Luisa, ici et là

[Bien que je peine à lire et à le mettre à jour, ce blog n'est pas mort. Je reviendrai plus assidûment quand ma vie personnelle sera plus calme :) ]

La Boîte à Bulles - 32 € - 272 p. - 4 mai 2016

Ma critique :
Un jour, Luisa, la trentaine, voit débarquer dans son quotidien... elle-même à l'âge de 15 ans. 
Ce qui lui implique d'être confrontée à ses rêves de jeunesse, ses espoirs et ses doutes, mais aussi et surtout à son regard d'adolescente sur sa vie actuelle.
Si la présence de la jeune Luisa va parfois l’exaspérer, elle va lui permettre de réfléchir sur sa vie, ses relations et son travail. Elle va ainsi remettre en question ses réactions passées et sa relation avec sa mère. Elle va interroger ses propres sentiments et ses propres attirances.
Se confronter à soi-même pour mieux se rendre compte de ses réactions.

Une BD très chouette et très intéressante dans les réflexions qu'elle amène à travers ce drôle de sujet. Et nous, qu'aurions-nous pensé de ce qu'on est maintenant si on avait su à 15 ans ce qu'on deviendrait ? Quelles réactions avons-nous eu alors qui nous paraîtraient aberrantes maintenant ? Quels traits de notre personnalité nous exaspéreraient ?
Cette histoire et ces réflexions sont portés par des dessins réalistes tempérés par des couleurs chaudes qui contribuent à nous plonger dans le quotidien de Luisa et Luisa.

Un coup de coeur pour moi en somme :)

Ma note : 17/20

mercredi 13 avril 2016

Ellen URBANI - Landfall

Gallmeister - 22€50 - 304 p. - Mars 2016


Landfall raconte le récit de deux existences parallèles et opposées, celles de Rose et de Rosie.


L'intrigue se passe à la Nouvelle Orléans lors du passage de l'ouragan Kathrina. Rose, une jeune fille de dix-huit ans, vient de perdre sa mère. Rosie, du même âge, vient de perdre la vie.
Dans la poche de Rosie, les coordonnées de la famille de Rose. C'est le début d'une quête, pour découvrir l'autre et lui laisser sa dignité en la remettant aux siens. Pour se découvrir soi, continuer d'avancer même dans l'adversité.

On découvre par alternance de chapitres, la vie de Rose. Par ses pensées, on entre dans son passé, aux côtés de sa mère. Mais surtout, on avance avec elle dans sa quête, dans un road-trip riche en rencontres
Lorsque l'on suit Rosie, l'on découvre ses derniers jours ainsi que son passé, sa vie aux côtés de sa mère aussi, bien différente de celle de Rose.

Elles deux ont grandi avec leur mère et le poids de l'absence de leur père.
Deux existences différentes par leur contexte et leur milieu de vie, mais semblables en d'autres points. Deux existences parallèles, qui ne se confronteront jamais.

Un roman qui m'a happée dès l'incipit : j'aime déjà de base l'alternance de personnages pour raconter une histoire. Mais, là, partir de deux jeunes filles du même âge mais totalement opposée, dans un pays et des milieux qui ne sont pas les miens, cela m'a captivée. 
J'ai pris plaisir à les découvrir, je me suis attachée à elle. 
C'est encore un succès pour les éditions Gallmeister car j'ai un coup de cœur pour ce roman et ses deux héroïnes et je vous le recommande chaudement.

Ma note : 18/20

dimanche 20 mars 2016

Thomas MONTASSER - Une année particulière

Presses de la Cité - 16 € - 174 p. - Mars 2016
Voici la lecture qui m'a accompagnée lors de mon voyage bloguesque à Helsinki. Je l'ai lu dans l’aéroport et dans l'avion, pour penser à autre chose et me détendre. Pour ça, il remplit plutôt bien son rôle.

Présentation de l'éditeur : "« Ma nièce Valérie doit s'occuper de tout. » Se retrouver un beau matin avec une librairie sur les bras, Valérie ne s'y attendait pas. Pour elle qui se destinait à une brillante carrière de consultante internationale en économie, quel cadeau empoisonné ! La jeune femme va pourtant se laisser prendre au jeu et, indépendamment des comptes de la boutique au bord de la faillite, découvrir peu à peu la littérature. Kafka, Dickens, Calvino, Pessoa... Une tasse de thé à ses côtés, elle dévore avec joie tout ce qui lui tombe sous la main. Texte après texte, échange après échange avec les clients peu banals du magasin, Valérie commence à prendre goût à sa nouvelle vie, mais c'est un roman singulier intitulé. Une année particulière et la rencontre d'un charmant inconnu qui l'aideront à écrire le chapitre décisif de son existence... "

Un roman fort prometteur mais qui tient peu ses promesses.
Certes, on plonge au coeur d'une librairie, et c'est bien agréable. les quelques incipits et livres cités sont un réel plaisir, de vraies découvertes. Mais l'histoire semblait promettre quelque chose de plus profond, de plus énigmatique, qui ne vient jamais.
La fin ne donne ma réponse aux questions que l'on ne se pose.
C'est un peu comme si l'on attendait tout le long que quelque chose se passe mais qu'il ne se passe rien.
Ce roman m'a apporté le plaisir et le divertissement que j'en attendais, mais cela ne va pas plus loin. J'aurai pu amplement passer mon chemin et c'est très dommage. Seule l'ambiance de la librairie a répondu à mes attentes

Ma note : 14/20

mardi 1 mars 2016

Mathias MALZIEU - Journal d'un vampire en pyjama

Albin Michel - 18 € - 240 p. - Janvier 2016
Ma critique :
Il y a des romans que l'on attend avec impatience, ceux de Mathias Malzieu sont de ceux-là.
Pour celui-ci, je l'attendais avec une certaine appréhension : j'aime énormément son écriture et ses précédents romans, mais qu'allais-je penser de celui-ci abordant le thème de la maladie ?
J'avais tout de même confiance et foi en Mister Malzieu.
Et ma lecture a été un régal.
Mathias Malzieu nous raconte sa découverte d'une maladie rare qui fait que son corps de retourne contre lui-même : ses anticorps prennent ses globules pour des éléments nocifs qu'il faut détruire. Ses anticorps le détruisent lui-même. Alors qu'il est en pleine promo du film Jack et la mécanique du cœur, c'est le début de séjours en hôpital plus ou moins longs, de doutes, d'inquiétudes. Dame Oclès s'invite à la fête, elle est là, elle rôde, séduisante, intrigante. Et puis, on commence à parler de greffe de moelle osseuse, de donneurs. Et il ne faut plus rien vivre au risque de se couper, se cogner, s'infecter.
Mathias Malzieu nous conte cela mais de sa manière à lui : d'une écriture poétique, pleine de comparaison folle, de jeux de mots, pour nous garder dans son univers.
C'est un roman qui m'a énormément plu, beaucoup touché, et que j'ai pris plaisir à savourer. Je l'ai lu lentement, pendant plusieurs soirs, attendant le moment de le retrouver et de poursuivre ma lecture, comme on savoure des carreaux de chocolat, avec plaisir mais en redoutant la fin de la tablette, alors, on fait durer le plaisir.
Vous l'aurez compris, une belle lecture qui m'a conquise malgré le thème qui me laissait un brin réticente. Une belle leçon d'espoir, de poésie, une vraie dose de plaisir que ce roman autobiographique, ce journal vampirique.
Citations
"Pour revenir dans le monde des vivants, il me faudra une greffe de moelle. Un traitement lourd, peut-être impossible à soulever. Sur Internet, ils disent qu'on peut mourir"
"Je tente de garder un stock de joie au creux de ma nuit"
"Des enfants me demandent de signer leur affiche, ils toussent, éternuent, sourient, veulent des photos et des bisous. Je ne connais pas de façon plus fabuleusement douce de risquer sa vie."
"Je soulève un vieux rêve rouillé : [...]Peut-être mordre, en tout cas embrasser"
"C'est d'ailleurs exactement parce qu'ils ont raison qu'ils ne prennent pas en compte la passion"
"Est-ce qu'on peut s'électrocuter avec des coquillettes ?"
Du même auteur :

 



mardi 16 février 2016

Challenge lecture 2016

Comme l'année dernière, j'ai décidé de participer à un challenge de lecture.

Cette année, c'est celui de Mille vies en une qui m'a tapé dans l'oeil. Et vu qu'elle le lance sur les blogs, je vais tenter de le faire sur le mien aussi, même si je continue à le remplir sur SensCritique.
Je ne sais d'ailleurs pas comment je vais présenter cela sur le blog, mais le coeur y est^^
Voici ses consignes et son challenge si vous voulez nous rejoindre.


  • "Quel est le but de ce challenge ?
    il y a autant de motivations différentes que de participants ! Le plus important, c’est de LIRE en s’amusant. Les catégories sont ludiques, peuvent vous aider à découvrir de nouveaux auteurs, de nouveaux styles, à élargir vos horizons, … ou “tout simplement” à vider votre PAL. Je ne veux que votre bien : vous faire lire ! :D 
  • Est-ce que je dois m’inscrire aujourd’hui ?
    Tu peux t’inscrire quand tu veux, tout au long de l’année – mais si tu commences le 1er décembre, tu risques d’avoir un peu de mal :D
  • Est-ce que je dois obligatoirement m’inscrire pour les 50 catégories ? 
    QUE NENNI ! Que tu t’inscrives pour cinq, dix, trente catégories, tu es le bienvenu !
  • Ok, qu’est-ce que je dois faire alors ? 
    Ici, c’est pas la stasi. Si tu veux juste prendre la liste et faire le challenge dans ton coin, je t’en prie. Mais comme c’est l’Internet, qu’on est amour et partage, ce serait bien plus sympa si on se regroupait, non ? Alors ce que je te propose, c’est de nous laisser ton nom, ton mail (ça c’est juste pour moi, personne ne le verra) et ton blog si tu en as un, le tout dans le petit formulaire prévu à cet effet. Ah, et si tu participes au challenge sur ton blog, ce serait trèèèès gentil à toi de mentionner Mille vies en une :)"

1- un livre de la rentrée littéraire de janvier : Jean-Philippe BLONDEL - Mariages de Saison
2- le dernier livre d'un auteur que tu adores
3 - un livre d'un prix Nobel de littérature
4 - un livre avec un animal dans le titre
5 - un classique que tu as toujours eu peur de lire
6 - un classique de la littérature jeunesse
7 - Un classique de la littérature anglaise
8 - Un thriller psychologique
9 - Un roman autobiographique
10 - Un livre adapté au cinéma en 2016
11 - Un livre adapté en série télé
12 - Un livre lauréat du Prix Goncourt des lycéens
13 - Un livre lauréat du Prix Farniente
14 - Une BD qui a reçu le Fauve d'or d'Angoulême
15 - Un livre avec un titre à rallonge
16 - Un livre d'un auteur qui en a écrit plus de vingt
17 - Un livre dont l'intrigue se passe dans un lieu public
18 - Un livre de moins de 100 pages 
19 - Un livre de plus de 600 pages
20 - Un livre acheté sur un coup de tête
21 - Le 2e tome d'une série commencée mais jamais poursuivie
22 - Un roman épistolaire
23 - Un livre que « tout le monde » a lu
24 - Un livre d'un auteur né la même année que toi
25 - Une lecture « imposée » par quelqu'un d'autre
26 - Un livre de la rentrée littéraire de septembre
27 - Un livre reçu en swap
28 - Un livre dont l'intrigue se déroule à une autre époque
29 - Un livre d'un auteur qui a le même prénom que toi
30 - Un livre dont le titre est un prénom
31 - Une BD biographique
32 - Un livre sur le cinéma (acteur, réalisateur, film, etc.)
33 - Un livre sur la musique (groupe, chanteur, etc.)
34 - Un livre avec un titre gourmand
35 - Ton livre préféré quand tu étais enfant
36 - Un livre avec une ville dans le titre
37 - Un livre avec le mot « livre » dans le titre
38 - Un livre qui fait du bien
39 - Un livre que tu as vu quelqu'un lire
40 - Un livre dont tu as entendu parler à la radio
41 - Un livre emprunté à la bibliothèque
42 - Un livre d'un auteur originaire du Moyen Orient
43 - Un livre avec des extraterrestres
44 - Un livre avec une amitié interdite
45 - Un livre dont le titre de la vf est en langue étrangère
46 - Un livre dont tu détestes la couverture
47 - Un livre que tu as envie de relire depuis des années
48 - Un livre dont tu as entendu parler sur la blogosphère
49 - Un livre avec un jouet sur la couverture
50 - Un livre que tu voudrais faire découvrir à tes enfants

lundi 15 février 2016

Christiane TAUBIRA - Murmures à la jeunesse




Ma critique : Il est assez rare que je lise des essais, des réflexions sur l'actualité, hormis de rares articles de presses de mes alertes 20 minutes ou partagés sur les réseaux sociaux. Pas que cela ne m’intéresse pas, plutôt que cela me noie, n'ayant pas toutes les clefs en main pour tout interpréter justement.
Pourquoi, alors, ai-je choisi de lire ce livre-ci ? Parce qu'il est actuel, court et de la main de Christiane Taubira. Christiane Taubira dont j'apprécie les rares interventions que j'ai vues, notamment au Petit Journal.
Le contenu du livre a fait parlé : des phrases inaudibles par la jeunesse, une faute de culture. Certes.
Ce n'est pas ce que j'en retiens.
Oui, certaines phrases sont lourdes et j'ai parfois été tentée de décrocher. Mais l'on est vite rattrapés par des phrases claires quelques lignes plus loin. Il faudrait parler à la jeunesse avec un langage qu'elle comprend. Ne devrait-on que parler simplement sous prétexte que la jeunesse n'est pas encore prête aux phrases complexes ? Non. Sinon, comment apprend-t-on. Ne les (nous) prenons pas pour des demeurés. De plus, les phrases sont belles.
Au sujet du contenu, il s'agit d'un cri du cœur sur notre société actuelle, d'une révolte contre cette histoire de déchéance de nationalité pour les binationaux et surtout, d'espoirs en un monde meilleur, d'une envie de croire que l'être humain apeuré par ces derniers mois est encore capable de faire la part des choses.
C'est un texte court, moins de cent pages, mais une réflexion intéressante et motivante qui transmet l'envie d'avancer. Lisez-le.

Citation : "Ainsi est-il aisé de se souvenir que le drapeau aux trois couleurs fut, à sa naissance, l’emblème de la révolte contre l'oppression et l'inégalité, la bannière de l'espoir d'une société meilleure, l'étendard des valeurs éternelles qu'il faut chaque jour reconquérir : fraternité, égalité, liberté."

mercredi 10 février 2016

Vanyda - Entre ici et ailleurs

Dargaud - 14€99 - 188 p. - Janvier 2016
Ma critique :
Après plusieurs années de vie de couple, Coralie se retrouve à vivre seule pour la première fois de sa vie. Elle apprivoise son quotidien, quand, par défi envers elle-même et envers son frère, elle s'inscrit à la capoeira.
Là, elle apprendra à dépasser ses craintes et découvrira des gens de toutes origines et de toutes cultures, qui la mèneront à s'interroger sur ses propres origines laotiennes, sur les perceptions qu'elle en a et sur l'importance de savoir d'où l'on vient.

Gros gros coup de coeur pour cette BD. j'avais déjà beaucoup aimé la BD précédente de Vanyda, là, je suis conquise.
Je pense que cette BD a fait écho à ma propre vie en ce moment et que cela n'est pas pour rien dans mon coup de coeur, il en reste tout de même un travail de qualité.
J'ai aimé le personnage de Coralie à qui l'on ne peut que s'attacher, j'ai apprécié tout autant les personnages secondaires. J'ai aimé la manière dont sont traités les questionnements sur les cultures et origines diverses qui nous entourent.
J'ai trouvé que cette BD était à la fois juste et pleine d'espoir et de bonne humeur.

Seul bémol, j'aurai aimé quelques couleurs, comme celles de la couverture, et qui donnaient une touche si jolie à "un petit goût de noisette". Mais le noir et blanc ne m'a, cependant, pas gênée.

Je recommande chaudement.
(J'ai tellement aimé, qu'après lecture, je me la suis achetée)

Ma note : 19/20

mardi 9 février 2016

Vanessa TERRAL - Le Gardien de la Source

Pygmalion - 16 € - 394 p. - Janvier 2016
Présentation de l'éditeur : « Puis elle le vit. L’individu qui l’observait se tenait en retrait, à l’opposé de la pièce. Il ne cherchait pas à se fondre dans l’assemblée des gens bien nés. D’ailleurs, ceux-ci l’évitaient. C’était presque imperceptible, mais le flot des civilités s’écartait de lui dans une valse consommée. » 
En cet été 1814, Marie-Constance de Varages, marquise du bourg d’Allemagne, et son héritière, Anne-Hélène, sont conviées au bal du comte de Forcalquier. Si une telle invitation ne se refuse pas, la marquise est inquiète. Quelques mois auparavant, sa fille a souffert d’un mal funeste et été sauvée in extremis. Depuis, elle n’est plus tout à fait la même… 
Quelle est donc cette ombre qui plane sur Anne-Hélène ? Et pourquoi le mystérieux Lazare, baron d’Oppedette, semble-t-il soudain subjugué par la jeune débutante ?


Ma critique : 
Pour sauver sa fille Anne-Hélène, Marie-Constance fait appel à la Marinette. Anne-Hélène sera alors guérie, mais ne sera plus tout à fait elle-même. C'est ce que l'on apprend lors de la mise en place du roman. Par la suite, lors d'un bal, Marie-Constance et Anne-Hélène font la connaissance de Lazare, le baron d'Oppedette. Ce mystérieux baron n'est plus bien vu, il est accusé, entres autres, de trahison. Mais cette rencontre sera le coup d'envoi du jeu du chat et de la souris entre Anne-Hélène et Lazare.

Ce début, cette mise en contexte, ancre l'histoire dans son univers : un brin de fantastique au début du XIXème siècle, la rencontre entre deux protagonistes que rien ne semblerait lier : on entre dans un roman historique, avec une pointe de fantastique et où l'émergence d'une romance est très possible. 
Sachant qu'il est précisé que le roman est une réécriture du mythe d'Hadès et de Perséphone, on peut en plus lui accoler le genre mythologique.
Un mélange plutôt prometteur donc :)

Ce qui m'a tout de suite interpellée, c'est le style d'écriture qu'utilise ici Vanessa Terral : une écriture, soignée, recherchée et lyrique. Et quel plaisir de lecture cela confère ! Je suis heureuse de découvrir cette nouvelle corde à l'arc de Vanessa, de qui j'ai déjà lu 2 romans et une nouvelle.
Cette écriture colle à merveille au côté historique et au côté romance du roman.

Pour ce qui est des personnages, j'ai aimé la fougue et la jeunesse d'Anne-Hélène, jeune fille de bonne famille, de son temps, mais avec des envies d'indépendance, des envies de vivre sa vie comme elle l'entend.
Lazare est lui aussi attachant : malgré ce qu'on nous dit de négatif sur lui, on sent que c'est quelqu'un de bien, de dévoué, qui a été jugé sur des faits qui ne sont pas de son ressort. J'aurai aimé en savoir plus d'ailleurs.

L'intrigue, quant à elle, suit son cours dans une ambiance provençale, sans précipitation. es liens entre les personnages s'affinent et se nouent, les caractères se révèlent.

En somme, un roman qui m'aura plu tout du long alors qu'il change assez de mes lectures habituelles : je lis peu de romance, et peu de romans historiques. N'hésitez pas à tenter l'aventure à la découverte de la belle plume de Vanessa Terral.

Et en bonus, ce qui ne gâche rien : la couverture est très belle et colle très bien à l'ambiance.

Ma note : 17/20

lundi 8 février 2016

Chamblain & Neyret - Les Carnets de Cerise T.4, La déesse sans visage

Métamorphose - 15€95 - 78 p. - Janvier 2016
Ma critique :

Comme beaucoup, je l'ai attendu impatiemment. Et le plaisir de retrouver Cerise et ses proches était bien présent.
Dans ce tome-ci, la mère de Cerise l'emmène en vacances dans un manoir où il faut résoudre une énigme : un jeu de piste grandeur nature avec un cadre parfait.
Cette aventure, c'est aussi des rencontres avec les jeunes des environs, et surtout un approfondissement de la relation mère-enfant. Cerise a grandi et sa mère et elle ne sont plus toujours sur la même longueur d'onde...

Un tome qui m'a paru un peu fouillis pour la mise en place de l'historie, mais qui s'approfondit de page en page pour devenir plus sérieux et plus profond.
Encore une belle histoire qui me donne vraiment envie de les acheter pour les relire à loisir :)

Ma note : 18/20

dimanche 7 février 2016

Marion MULLER-COLLARD


Gallimard "scripto" - 7 € - 112 p. - Janvier 2016

Ma critique : "Dans la famille d'Amandana, la propreté irréprochable n'est pas qu'un métier. C'est un mode de vie. Rien qui dépasse. Dans le Lavomatique tenu par ses parents, le bruit des machines couvre celui des élans du cœur et du corps. Mais comment faire taire son attirance pour une de ses camarades de lycée ?" 

Ce sont ces quelques lignes et la collection où parait ce roman, court, à la limite de la nouvelle, qui m'ont poussées à le lire. De ça, peut-être que j'en attendais un peu trop. 
C'est un texte, court, brut, incisif avec pour arrière-plan la froideur d'un lavomatique et de ses machines. 
Amandana grandit là : dans le lavomatique que sa famille italienne catholique a acheté à l'arrivée en France. Une famille où l'on ne rit pas, où l'on ne pleure pas, ou tout est propre et repassé, net et pure. Elle se construit là et se découvre, tant bien que mal. C'est dans cet environnement qu'elle s'éveillera au sentiment amoureux. 
Mais pour cette famille-là, ce sentiment là n'est pas possible.

 A 30 ans, elle a ressenti le besoin d'écrire son histoire, à elle-même ou à son neveu Tom, elle ne sait pas très bien. Mais nous, nous la lisons. 

C'est un texte qui m'a plu, qui m'a bousculée dans la brutalité de cette famille froide et distante. Et en même temps, il manque un je-ne-sais-quoi qui fait que ce n'est pas un coup de coeur. L'absence d'émotion, je la comprends. Ou peut-être aurait-il fallu qu'elle soit encore plus accentuée. 

En tout cas, c'est douloureusement beau.
Citation : "Le bonheur est quelque chose qu'il ne faut jamais questionner."

Ma note : 15/20