mercredi 18 octobre 2017

Callan WINK - Courir au clair de lune avec un chien volé

Albin Michel - 22 € - 291 p. - 20 septembre 2017


Ma critique :
Courir au clair de lune avec un chien volé est le titre de la première nouvelle de ce recueil qui en comporte 9, chacune entre 20 et 60 pages.
Toutes ces nouvelles se passent au cœur de l'amérique, du côté des territoires indiens. On y côtoie divers personnages entiers, un peu cabossés par la vie, dans des contextes un peu rudes.
Les nouvelles sont à la fois toutes différentes, et à la fois on perçoit le fil ténu qui les relie. Des lieux proches, des ambiances similaires.

J'aurai clairement pu ne pas adhérer car ce n'est pas forcément mon type de lecture, l'amérique profonde, les indiens et autre. Et pourtant, l'écriture de Callan Wink a fait que j'ai accroché quasiment à chaque texte. Le premier est celui que j'ai le moins aimé, probablement le temps que je rentre dans l'ambiance, et probablement parce qu'il est assez étrange. 
Mais les autres, toute cette galerie de personnages, toutes ces vies que l'on croise, j'ai adoré les suivre.

Si vous avez des envies de textes courts, ou encore des envies d’Amérique, allez-y !

Le bonus qui n'enlève rien c'est que Callan Wink est tout à fait charmant et sympathique (et il adore mes mitaines :p)

Citation : "Toutes les choses de la vie, soit tu les enterres, soit c'est elles qui t'enterrent. Ca ne veut pas dire qu'on ne doit pas s'attacher"

Ma note : 17/20

dimanche 15 octobre 2017

Christophe HONORE - Ton père

Mercure de France - 17 € - 192 p. - 7 septembre 2017

Ma critique :
« Guerre et paix : contrepèterie douteuse ? »
C'est ce que trouve la fille du réalisateur Christophe Honoré sur leur porte d'entrée. Et ce n'est que le début.
Par ces mots, on signifie à ce père et à sa fille qu'ils ne devraient pas être. Pas en tant que personne, en tant que parent et enfant. Car on signifie à Christophe Honoré qu'il est gay et qu'on le sait. Et que quand on est gay, on ne doit pas avoir d'enfant. 
Pensée archaïque au possible, écho de certaines manifestations au moment de la loi sur la mariage pour tous. Echo donc d'une drôle de société qui n'évolue pas toujours avec son temps.
Ce mot n'est que le début. D'autres actes suivront. Ainsi, Christophe Honoré nous ouvre un pan de sa vie avec sa fille, un peu de son passé et un peu de ses réflexions sur lui-même dans cette auto-fiction. Une autobiographie qui n'est est pas une. Il parle de lui, de sa fille, de notre monde, mais sous couvert d'un roman.

J'ai beaucoup beaucoup aimé ce livre. A savoir que je l'attendais au tournant : Christophe Honoré est un réalisateur que j'adore, sinon mon réalisateur préféré. Et je ne l'avais encore jamais lu.
Le livre est assez différent de ses films, moins poétique, moins visuel. Mais on y retrouve son regard sur la vie quotidienne.
C'est un livre que je n'ai pas réussi à lâcher avant de le finir : l'histoire est intrigante, sa fille attachante, et le thème de société dont il est question est un thème qui m’intéresse personnellement.
Pour toutes ces raisons, j'aurai tendance à vous dire de vous laisser tenter par ce roman.


Mots Clefs : Paternité - Homosexualité - Société - Homoparentalité - Relation père/fille


Ma note : 17/20

lundi 25 septembre 2017

Jenni FAGAN - Les buveurs de lumière

Métailié - 20 € - 304 p. - 24 août 2017

Ma critique : Les Buveurs de lumière, c'est un roman lumineux, qui m'a fait beaucoup de bien malgré le contexte dramatique qu'il dépeint.

On suit la vie de deux personnages principaux dans un contexte de nouvelle ère glacière : il fait froid, il y a des icebergs, la circulation devient difficile. 
Dans tout ça Stella se construit : elle cherche sa place dans un monde qui ne la comprend pas, elle cherche à être elle-même malgré les regards des siens. 
Dylan, lui, vit un retour aux sources puisqu'il vient s'installer où vivaient sa mère et sa grand-mère. 
Et bien sûr ces deux personnages se rencontrent et s'apprivoisent par la proximité de leurs habitations. Leurs quotidiens se croisent et s’emmêlent car autour d'eux, il y a Constance, la mère de Stella. Constance qui fréquente toujours le père de Stella, marié, mais aussi, en même temps et depuis longtemps, un autre homme. Constance qui plait à Dylan. 

Ce petit monde vit et survit, nous sommes avec eux, au quotidien. Ils sont terriblement humains, terriblement vrais, terriblement justes et on aimerait vraiment les rencontrer.

Tout est beau dans ce roman, le paysage, les personnages, la plume de l'auteur. J'en redemande et vous recommande de tenter l'aventure, ou plutôt la rencontre de ces êtres cassés mais vivants.

Mots Clefs : Transidentité - Adolescence - Hiver - Famille

Extraits : "Quand les adultes entendent grincer une petite porte sombre dans leur coeur, ils montent le son de la télé. Ils s'enfilent un verre de vin.Ils disent au chat que c'était juste une porte qui grinçait. Le chat sait. Il saute du canapé et sort de la pièce. Quand cette petite porte sombre dans un cœur se met à faire clic-clac clic-clac clic-clac si fort et si violemment qu'on voit littéralement battre leur poitrine - eh bien là ils disent qu'ils ont du cholestérol et ils essaient d'arrêter le beurre, ils se mettent à aller marcher."
"Peut-être que certaines particules d'amour ne disparaissent jamais" 

Ma note : 19/20


mardi 29 août 2017

Amélie NOTHOMB - Frappe-toi le coeur

Albin Michel - 16€90 - 180 p. - 23 août 2017


Si Nothomb reste parmi mes écrivains favoris, il serait mentir de dire que j'ai aimé tous ses romans ces dernières années.


Chaque année, retrouver sa prose est une grande attente : cette année le Nothomb sera-t-il génial ? décevant ?
Retrouver son style d'écriture est toutefois toujours un plaisir.

Pour vous dire deux trois mots sur l'histoire, tout en vous la laissant découvrir par vous-même comme je l'ai fait moi-même : on suit d'abord Marie, personnage clef du roman. Elle donne naissance à Diane mais ne parvient pas vraiment à s'attacher à l'enfant car elle en est jalouse.
Puis on suit Diane, qui se construit comme elle peut malgré cette (non-)relation difficile.
D'autres personnages s'ajouteront à cette histoire pour en faire un roman sur la maternité, la construction de soi et la jalousie.

Le fin mot de mes attentes, c'est que celui de cette année, je l'ai aimé. Il m'a fait passer un très bon moment.
J'y ai retrouvé des personnages forts et marquants aux caractères particuliers qui me plaisent tant chez Amélie Nothomb.
Le seul bémol pour moi est ici l'accélération dont fait preuve le roman. Je pense qu'il y aurait eu quelque chose de plus à creuser en ce qui concerne la vie de Marie et celle de Diane. Mais ce n'est pas très grave en soi non plus.

Ma note : 17/20

Mots Clefs : Maternité - Jalousie - Relation parent/enfant - Construction de soi

mercredi 9 août 2017

Paula HAWKINS - Au fond de l'eau

Sonatine - 22 € - 407 p. - 8 juin 2017

Ma critique : Alors, ce bouquin, j'avais quelques réticences à le lire. Déjà, le sujet me branchait moyen. Ensuite, j'avais beaucoup aimé le premier roman de l'auteur, La Fille du Train, et je m'attendais donc à être déçue par celui-là.
Et en fait, j'ai complètement adhéré.

En deux mots, toute l'histoire tourne autour d'un bassin dans lequel des femmes ont été, de tous temps, retrouver morte. Plus récemment, une ado Katy y est retrouvée. Puis c'est le tour de Nel. Qu'a bien t-il pu se passer ?
Pour tenter de le comprendre, Jules, la soeur de Nel, Lena, l'amie de Katy et fille de Nel, ou encore des policiers ou des habitants de la ville vont nous exposer ce qu'ils pensent, ce qu'ils ont vécus.

Alors si j'ai adhéré, c'est d'abord grâce à la forme : Non seulement les chapitres sont très courts, ce qui donne beaucoup de rythme au roman, mais en plus c'est un roman polyphonique. J'adore ce type de roman. Avoir le point de vue de différents personnages me permet de vraiment rentrer dans l'histoire, de la vivre comme si j'y étais. (D'ailleurs si vous avez des conseils de romans de ce type, je suis preneuse...)
Pour l'histoire, quant à elle, elle est très prenante : très vite, on veut aussi savoir ce qu'il s'est passé. On veut aussi comprendre. Et on soupçonne tout le monde. Dès qu'on a une piste, une autre se greffe. Jusqu'à la fin, je n'ai eu aucune certitude. Même si je suis bon public, n'est-ce pas ce qu'on attend d'un bon polar ?

J'ai mis quelque temps avant de ne plus pouvoir le lâcher du tout, mais vous aurez compris, je suis conquise :)


Ma note : 17/20

Mots Clefs : Roman policier - Noyade - Roman polyphonique

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 La fille du train  Qui ?