samedi 14 avril 2018

Pierre-Olivier LACROIX - Presque vivant

Numeriklivres - 18 € - 376 p.

Présentation de l'éditeur : "Paris. Une petite fille découvre un utérus parfaitement sectionné dans un des congélateurs du rayon des surgelés d’un supermarché. Annabelle Vitalis, responsable de l’institut médico-légal du quai de la Rapée [...] est complètement décontenancée par cette sordide découverte et décide de faire appel au commissaire Francis Delacosta. Cet ancien boxeur, drogué, alcoolique notoire et père indigne, toujours en guerre contre sa hiérarchie, est connu pour résoudre les affaires les plus tordues avec des méthodes pas toujours très orthodoxes. Avec son collègue Pierre Villard, ils arpentent les rues d’un Paris aussi noir que l’humeur du commissaire : ils doivent impérativement retrouver le corps correspondant à l’utérus sectionné pour qu’une enquête soit officiellement ouverte..." 

Ces jours-ci, j'ai lu un polar qui m'a très très positivement surprise.

Un polar édité chez un petit éditeur. Or, libraire, je suis assez méfiante des petits. Parfois (souvent), à tort. Mais, libraires, nous sommes démarchés tous les jours par des auteurs et éditeurs ayant écrit LE meilleur roman du 21ème siècle que c'en est lassant. Qu'on n'a pas le temps de laisser sa chance à tout le monde. Oui, c'est discutable. Mais le temps n'est, hélas, pas étirable. 

Bref, pour en revenir aux faits. 

Ce polar, je l'ai aimé pour différentes raisons. Dès les premières lignes, il m'a embarquée. Un uterus retrouvé au rayon surgelés, forcément, ça questionne, ça intrigue et ça nous happe directement dans le vif du sujet, donc, dans l'histoire.

Très vite, on fait connaissance avec les deux protagonistes principaux, deux flics, le gentil Villard très geek et le commissaire Delacosta, un type antipathique, brut de décoffrage, aux méthodes peu orthodoxes.
Bien sûr, d'autres personnages s'ajoutent : des collègues, des proches. Tous intéressants. Rien n'est laissé au hasard.

Quant à l'histoire, l'intrigue, une ficelle que l'on croit tirer en appelle une autre, sur un autre plan, différente, et pourtant liée.
En bref, je me suis laissée surprendre. J'ai cru avoir compris rapidement, presque déçue, mais prenant plaisir à poursuivre ma lecture, pour au final m'apercevoir que je n'y étais pas. 

Après, je ne suis pas une grande lectrice de polar. Mais quand-même. Et justement. Malgré mes craintes et réticences, je me suis laissée prendre au jeu jusqu'au bout.

Alors petit éditeur ou non, lecteurs de polars ou non, osez, laissez vous tenter.

dimanche 1 avril 2018

Gabriel TALLENT - My Absolute Darling (trad. Laura Derajinski)

Gallmeister - 24€40 - 453 p. - Mars 2018 - 9782351781685
Ma critique : J'ai lu un roman époustouflant. Un de ceux qui vous prend aux tripes et que vous n'oubliez pas de sitôt.

Il s'agit de My Absolute Darling.

L'histoire de Turtle, adolescente, qui vit à l'écart avec son père Martin. Un père avec qui elle a une relation très compliquée, très ambiguë. Un père qui l'éduque à la dure. Par exemple, Turtle est plus douée dans le maniement des armes à feu qu'en vocabulaire à l'école.
Martin aime Turtle. Turtle aime aussi Martin. Mais cette affection, de la part de Martin, dépasse les limites.
Turtle essaye de se construire malgré tout, comprend que certaines choses ne vont pas, mais n'a pas toutes les clefs pour s'affranchir de son père.

C'est une histoire dure. Une histoire terrible. Terrible dans le sens où certains passages sont extrêmement difficile. C'est un des rares livres qui m'a donné des haut-le-cœurs. Mais terrible car c'est aussi une historie terriblement belle dans un sens, terriblement forte.
Turtle est quelqu'un qu'on a envie d'aider, de prendre sous son aile, mais pour qui on comprend qu'on ne peut rien. Martin est quelqu'un de haïssable. Qu'on arrive parfois presque à accepter. 
C'est un roman qui ne porte pas de jugement sur ces personnages. Un roman qui aborde une multitude de thématiques sociétales américaines. 

C'est un roman coup de point. Un bijou. Un roman fort. Un roman que j'ai adoré.
Vous avez compris, jetez vous dessus.

Mots Clefs : Construction de soi - Armes à feu - Inceste
Ma note : 19/20

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 Sukkwan island  Dans la forêt


vendredi 16 mars 2018

Anne-Fleur MULTON - Allo Sorcières T.2 Sous le soleil exactement

Poulpe Fictions - 9€95 - 213 p. - 25 janvier 2018

Ma critique : Retrouvez Ali, Itaï, Azza et Maria en vacances en France chez le grand-père d'Ali. Cette fois, c'est Maria, ses complexes et sa bonne humeur qui nous raconte l'histoire.

Nos 4 héroïnes, toujours aussi fortes et sympathiques, vont enquêter sur un bijou disparu d'une ancêtre d'Ali, aux côtés d'une étudiante.

Un roman toujours aussi plaisant et addictif que le précédent, qui aborde avec subtilité différents sujets de société, sans en faire "trop".

C'est vraiment chouette d'avoir le point de vue d'une autre des quatre copines, que cela varie d'un tome à l'autre. Elles sont toutes les quatre tellement attachantes !

Je recommande tout autant que le précédent ! =)

Mots Clefs : Amitié - Vacances - Aventure - Adolescence - Girl power

Ma note : 17/20

Le tome 1 : 
 Allo Sorcières T.1


dimanche 11 mars 2018

Elif Shafak - Trois filles d'Eve

Flammarion - 22 € - 480 p. - Janvier 2018

Ma critique : Le roman alterne la narration de trois époques de la vie de Peri. Lorsqu'elle est enfant, elle grandit en Turquie entre une mère très pieuse, fermée et un père très laïc, gauchiste. Ses parents se déchirent sans cesse, et elle cherche elle-même ses propres convictions.

Quand Peri est adulte, elle gravite dans une société qui ne lui ressemble pas, un peu bourgeoise, fausse et hautaine et enfermée entre modernité et tradition.

Mais avant l'âge adulte, Peri a fait ses études à Oxford, entourée de deux amies, Mona, voilée, très pieuse, et militante et Sheryn, iranienne très libérée. Là, Peri a cherché à rejoindre les étonnants cours du professeur Azur, tout aussi surprenant. Des cours entre philosophie, sociologie et littérature où l'on réfléchit à la question divine.

Ce roman est un roman tellement riche, c'est un bijou, une pépite à avoir lu. On y suit un personnage beau, simple et cultivé qui cherche sa place dans une double culture, dans deux société différentes, aux côtés de personnes que tout oppose, que ce soit ses amies ou sa famille.
Elle apprendra, fera des erreurs, mais en sortira grandie. Les erreurs font parties intégrante de la construction de soi.
J'ai adoré lire ce livre, suivre Peri dans ces 3 époques de sa vie, suivre ses questionnements.

Mots clefs : Turquie - Dieu - Etudes - Philosophie - Oxford - Amitié - Famille

Citations : 

"Je vais te dire une loi universelle : chez toi c’est là où est ta grand-mère"
 "Je peux tomber amoureuse d'une femme, tomber amoureuse d'un homme. Les étiquettes, je m'en fous"

Ma note : 19/20

De la même auteure :
 Lait noir

vendredi 9 février 2018

Delphine DE VIGAN - Les loyautés

JCLattès - 17€ - 208 p. - Janvier 2018

Ma critique : Dans ce roman, on suit Hélène, une professeure de collège qui s'inquiète du comportement de son élève Théo. On suit aussi Théo, Mathis, son meilleur ami, et Cécile la mère de Mathis.
Théo semble n'être pas au mieux de sa forme ces derniers temps, il est toujours fatigué. Hélène se demande pourquoi. 
Nous, on entre dans le quotidien de Théo, et on comprend peu à peu la raison de cette fatigue. De son côté, Mathis, est son seul ami, présent pour lui, loyal. Cécile, elle, ne voit pas cette amitié d'un bon œil. Et on suit le quotidien de ces personnages au collège et chez eux le soir.

Un roman à plusieurs voix, Hélène qui raconte, les autres que l'on suit par un narrateur externe.
De prime abord, c'est un type de roman que j'affectionne : j'entre encore plus dans l'histoire quand j'y côtoie plusieurs personnages.
Ensuite, j'adore depuis pas mal d'années déjà l'écriture de Delphine De Vigan, un écriture juste, touchante, descriptive et qui va au coeur des choses.
Je me suis laissée portée par ce roman jusqu'à sa fin.

Mots Clefs : Collège - Tranche de vie - Enseignement
Ma note : 17/20


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